vendredi 1 juin 2007

Crédit lyonnais : justice à deux vitesses


Par un curieux effet de loupe, le microcosme politico-financier parisien, et même européen, ne veut retenir qu'une question de l'affaire des comptes du Crédit lyonnais de 1992 - des comptes qui pourraient avoir été falsifiés : le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, impliqué dans cette affaire, ne risque-t-il pas, au passage, de perdre toute chance de succéder, en juin 2002, à Wim Duisenberg à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) ? Pourtant, cette interrogation, si elle est loin d'être secondaire, relègue au second plan une véritable question de fond : la marche de la justice permet-elle d'espérer que les responsabilités soient établies - toutes les responsabilités ?

L'enquête sur les comptes du Crédit lyonnais close, le 25 septembre, a mis en lumière de manière flagrante la différence de traitement que réserve la justice pour des faits quasiment identiques selon que le suspect est ministre ou fonctionnaire. Le juge d'instruction chargé de ce dossier a mis en examen les plus hautes autorités financières et monétaires. Parmi ces personnes figurent Jean-Yves Haberer, ancien directeur du Trésor et président du Crédit lyonnais, et Jacques de Larosière, gouverneur de la Banque de France à l'époque des faits, qui fut également patron de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

La personnalité la plus en vue est sans conteste M. Trichet, directeur du Trésor au moment des faits, dont la nomination à la tête de la BCE est conditionnée par

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