Sa voiture avait mortellement fauché une employée d'autoroute au Bignon. En cause : le régulateur de vitesse. Le jugement relaxant le conducteur laisse Alain Mat, mari de la victime, dans l'incompréhension.
• Les faits. Stéphanie Mat, 46 ans, une habitante de L'Herbergement (Vendée), employée des Autoroutes du sud de la France, est fauchée, le 14 juillet 2006, par une voiture qui défonce une barrière du péage du Bignon, au sud de Nantes. Le conducteur, un Toulousain, qui conduisait une Toyota Rav 4, a toujours mis en cause son régulateur de vitesse. L'expert ne relève rien d'anormal et estime que « cet accident résulte vraisemblablement d'une méconnaissance de l'utilisation du système de neutralisation du régulateur ». Le 15 décembre, le tribunal de Nantes, qui jugeait l'automobiliste pour homicide involontaire, l'a relaxé. Le parquet a aussitôt fait appel.
• L'attente. « On attendait le procès depuis deux ans et demi. Il nous aurait permis de tourner une page... sans fermer le livre. Jusqu'à aujourd'hui, avec ma fille et mon fils, nous n'avons pas voulu nous exprimer. Toujours rester digne. On faisait confiance à la justice. Mais aujourd'hui, on a l'impression de ne pas avoir été entendus. On n'a pas pris en compte notre souffrance. Nous avons besoin de dire ce qu'on ressent. »
• La relaxe. « L'automobiliste a été relaxé. Ce jugement n'apporte pas de réponses claires à nos questions. Ça me met hors de moi. On a besoin de savoir. Que s'est-il passé ? Problème technique ? Défaillance humaine ? Que faut-il comprendre quand le tribunal, dans son jugement, dit : « Même si le dysfonctionnement mécanique n'a pas pu être prouvé, la preuve est rapportée que le régulateur ne s'est désactivé que trop tardivement. Sinon, Monsieur aurait eu la possibilité de freiner. » Je ne comprends pas. Stéphanie est morte le 14 juillet 2006. Pourquoi ? Il faut nous expliquer. Personne n'a été sanctionné. Ni le conducteur, ni le constructeur. »
• Les questions en suspens. Alain Mat a écrit noir sur blanc toutes ces questions. A déroulé une énième fois le fil de cet accident, l'enquête de gendarmerie, l'expertise qui a écarté tout dysfonctionnement du régulateur de vitesse, l'automobiliste qui lui a toujours affirmé le contraire, martelant qu'il n'avait pas pu s'arrêter. L'affaire sera rejugée en appel à Rennes. « Une seconde expertise sera la bienvenue. Incontestable, cette fois. À quelle vitesse roulait-il au moment de l'accident ? À environ 60 km/h comme l'a indiqué l'expert, ou plus comme l'affirme le conducteur ? Si on incrimine des pannes de logiciels furtives, il faut des preuves. »
• Le deuil impossible. « Pour nous reconstruire, nous devons savoir. C'est un besoin vital. Sinon, la vie n'a pas de sens. Depuis l'accident, je ne travaille plus. Je n'y arrive pas. Je suis sous traitement et rencontre tous les huit jours un psychiatre. Je ne peux pas continuer à vivre comme ça. »
mardi 6 janvier 2009
Un conducteur relaxé, une famille en détresse
vendredi 2 janvier 2009
la vie des travailleurs de l'ombre
Alassane a 30 ans, la peau sombre, le coeur lourd. Mohamed en a 42, le teint mat et le sourire las. En ce soir de fin décembre où la CGT a rassemblé les travailleurs sans papiers (lire ci-contre), les destins du Mauritanien et du Tunisien se croisent place Saint-François. Blancs, beurs et surtout blacks, ils sont près d'une centaine à se presser à la bourse du Travail. En quête d'un avenir meilleur. D'un avenir tout court sur le sol français.
Travailleurs réguliers, Alassane et Mohamed espèrent être régularisés par le travail. « La CGT a réussi pour des camarades. Ça donne un peu d'espoir », sourit Alassane, qui précise aussitôt : « Il ne s'agit pas de créer un appel d'air. Juste de respecter le droit du travail. »
Car pour l'heure, Alassane vit de « petits boulots, dans la restauration ou n'importe quoi d'autre, pour subvenir à [ses] besoins. » Diplômé en électricité industrielle en Mauritanie, il raconte avoir fui à cause de tensions inter-ethniques entre les Arabes et les siens, les Peuls.
Pas égaux en droits
Alors Alassane a débarqué en 2002 à Paris-Roissy, a fait sa demande d'asile politique, puis a rejoint Nice il y a deux ans, où il a travaillé comme agent de sécurité et été accueilli par sa soeur et son beau-frère. « Sans eux, ce serait très difficile... »
Mohamed, lui, ne parlait pas un mot de français quand il est arrivé en France en 1994. Il a travaillé sur des marchés à Calais, Nancy, Epinal ou encore Dijon. Depuis 2002, il a rejoint à Nice son frère, « régularisé, lui ». Depuis, il travaille dans le bâtiment, tournant sur la Côte d'Azur au gré des chantiers.
Imposables, « expulsables »
A Nice, il loge dans un studio pour 500 e par mois. Ce mois-ci, il lui en manque 150. Rien d'étonnant au vu des revenus de Mohamed : « 40, 50 e par jour. On est moins payés que les autres et on a moins de garanties ». « Pas de revenu fixe, pas d'assurance, ni de Sécu, ni de Caf », enchaîne Alassane.
Mais tout sans papiers qu'ils sont, ils disent recevoir fiches de paie et feuilles d'imposition. « J'en ai eu pour 738 e, calcule Alassane. Tu travailles, tu paies, et à côté de ça, on te dit : « Tu n'as pas le droit d'être là ». Le paradoxe c'est que ces mêmes autorités peuvent t'expulser... »
« Une vie infernale »
Leur angoisse ? Une visite inopinée de l'inspection du Travail. Alassane a connu. Il raconte avoir passé 24 heures en garde à vue, « dans une pièce avec plein de m... par terre », puis trois jours en centre de rétention. Mohamed opine du chef, avec un air de déjà-vu. Qui a dit que la misère était plus douce au soleil ? « Où que tu sois, ça fait mal, c'est une vie infernale d'être sans papiers. Il faut s'accrocher, faire beaucoup de sacrifices. »
A commencer par la famille. Mohamed n'a plus revu sa mère depuis quatorze ans. Ni son père, décédé depuis. Alassane, lui, se désespère « de voir nos jeunes frères africains monter dans des radeaux. On aimerait pouvoir leur dire : Non, ne tentez pas cette aventure dangereuse !, leur expliquer que nous non plus, on n'a pas de vie. Mais on ne peut pas... »
jeudi 1 janvier 2009
Une plainte sur cinq pour violence concernant la police est fondée
En 2007, 6.244 plaintes ont été déposées en Belgique auprès de la police et du comité P, dont 738 avaient trait à des actes de violence commis par des policiers.
Majorité de plaintes pour racisme et xénophobie
Soixante et une plainte (1 pc) concernaient des faits de racisme ou de xénophobie. Depuis 2003, les plaintes relatives à des actes de violence sont toutefois restées stables, écrivent lundi les quotidiens Het Nieuwsblad et De Standaard.
19,3% des plaintes sont fondées
Après enquête, il apparaît que 19,3 pc des plaintes pour violence étaient fondées. "Si nous devons croire (le bien-fondé de) toutes les plaintes, alors nos policiers se comportent comme des bêtes, mais si l'on prend en compte le contexte, on a alors une autre image", nuance Walter Peeters, du Comité P.
"Avant, nous recevions après chaque manifestation 30 plaintes pour violence. Nous avons envoyé des observateurs sur le terrain, qui participaient à la manifestation de manière anonyme. Nous avons remarqué que certaines choses n'étaient pas correctes. Maintenant, nous accompagnons encore les manifestations, mais le nombre de plaintes est presque nul", souligne-t-il.
La police aussi est victime de violence
Des policiers sont également victimes d'actes de violence. En 2007, 132 cas ont été enregistrés pour la police fédérale. La police a ainsi perdu 1.189 jours de travail pour incapacité à la suite d'actes de violence commis sur ses agents."
Source : BELGA
Marc Dutroux a été "échangé" contre Nizar Trabelsi
Rappelez-vous, Nizar Trabelsi avait été condamné en 2004 à dix ans de prison pour avoir projeté de réaliser un attentat. Il était à la base à la prison de Lantin, mais depuis l’an dernier, il avait été transféré à Nivelles.
En novembre dernier, le détenu Nizar Trabelsi a été à nouveau transféré : direction Ittre, une prison réputée pour être sévère, et très sécurisée. Ce transfert résulte d’une procédure d’échange entre Marc Dutroux et lui. En effet, le directeur de la prison d’Ittre a bien voulu accepter Nizar, à condition que Marc Dutroux prenne sa place à Nivelles : la prison qu’il dirige est surpeuplée.
Aujourd’hui, Nizar Trabelsi est à Bruges. Le transfert de Marc Dutroux s’est fait en toute discrétion. "
Source : RTL.BE
vendredi 21 novembre 2008
Un ancien directeur d'Emmaüs-Haguenau condamné pour abus de confiance
Le tribunal correctionnel de Strasbourg (Bas-Rhin) a condamné jeudi pour abus de confiance un ancien directeur d'Emmaüs-Haguenau à 30 mois de prison dont 18 mois avec sursis, a-t-on appris de source judiciaire. Il devra verser 50.000 euros d'amende, 87.500 euros de dommages et intérêts à Emmaüs-Haguenau et un euro symbolique à Emmaüs-France.
Daniel Groussard était accusé d'avoir facturé 36.000 euros de frais kilométriques fictifs entre 2002 et 2006 à l'association et de s'être accordé indûment des primes exceptionnelles d'un montant global de 19.000 euros qui auraient dû être partagées entre les salariés.
Gare au trafic de chatons de gouttière sur internet!
Une jeune femme cherche à donner cinq bébés chats sur un site romand d’annonces gratuites. Un homme prétend vouloir les adopter. Mais c’est pour mieux les revendre — cent francs! — sur le même site. Une pratique aussi courante que légale, déplore la SPA.
C’est l’histoire de chatons dont la jolie frimousse permet à des individus peu scrupuleux de gagner quelques centaines de francs. Premier acte en septembre, dans une maison de Châtonnaye, à la frontière entre Vaud et Fribourg. La chatte de Valentine Fasel met bas et donne vie à cinq bébés blancs et roux. La jeune femme cherche alors à les faire adopter «contre bons soins». A cet effet, elle utilise un site romand de petites annonces gratuites. Les acquéreurs se bousculent au portillon et une semaine plus tard, les cinq chatons ont tous trouvé preneurs. Un homme, domicilié dans la Broye, se montre particulièrement intéressé et en réserve deux.
Valentine mène l’enquête
Quelques jours après, Valentine enregistre un premier désistement. Elle place une nouvelle annonce, et cinq minutes plus tard, l’homme de la Broye la contacte à nouveau. «C’est pour faire une surprise à ma sœur», explique-t-il à la jeune femme soudain méfiante. Ses doutes se transforment en stupéfaction lorsqu’elle découvre que son interlocuteur s’apprête à mettre en vente les mêmes chats, pour 100 francs chacun, sur le même site. Elle crée alors un nouveau compte avec un autre pseudonyme et prétend donner deux nouveaux chatons. Le Broyard mord à l’hameçon et se manifeste quelques minutes plus tard. Furieuse, Valentine prend son téléphone et accuse l’homme de trafic de chats et d’abus de confiance. Dans la foulée, elle contacte le site de petites annonces pour le dénoncer. Les responsables du site bloquent le compte du Broyard et encouragent la jeune femme à déposer une plainte auprès de la Société vaudoise pour la protection des animaux (SVPA), ce qu’elle fait.
suite
samedi 6 septembre 2008
Expulsée de son logement, une mère de famille se suicide
Pour 11 600 euros de loyers impayés, doit-on expulser une famille avec des enfants ? " La question est posée par François Bernardini, maire (div. g.) d'Istres (Bouches-du-Rhône), au lendemain du suicide d'une mère de trois enfants. A l'arrivée d'un huissier, d'un officier de police judiciaire et d'un déménageur venus procéder à son expulsion, Morgane S., 33 ans, s'est défenestrée, mardi 2 septembre, sans avoir échangé un seul mot. De l'organisme HLM au sous-préfet, on s'accorde à reconnaître que toutes les procédures d'aide sociale avaient été tentées en faveur de cette famille qui, depuis son installation dans un T4 de la cité Rassuen 2, en octobre 2006, n'avait pas réglé un seul loyer (500 euros mensuels). Le bail avait, à l'origine, été souscrit par Morgane S. et son compagnon.
"La conscience tranquille", Bernard Escalle, directeur général de l'Opac sud, assure avoir "fait tout ce qu'il fallait faire" pour éviter cette expulsion, avant et depuis le jugement du tribunal d'instance de Martigues, rendu le 27 novembre 2007. "Les assistantes sociales du CCAS d'Istres, nos conseillères économiques et sociales ont réalisé le maximum mais toutes se sont heurtées à un mur ". En février, la salariée de l'Opac se serait vu refuser l'entrée de l'appartement. Une convocation avait alors été laissée, puis une seconde en juillet. Raymond Le Deun, le sous-préfet d'Istres qui a accordé le recours à la force publique pour l'expulsion, dresse un même constat amer. "Tous les dispositifs d'aide qui peuvent aller jusqu'à l'effacement de la dette par le Fonds de solidarité logement deviennent inopérants lorsque les gens n'adhèrent pas ". Pour le représentant de l'Etat, ce suicide tient plus "du drame d'une personne isolée, coupée du monde que du drame de l'expulsion locative".
Un travailleur social juge pourtant que la procédure est allée trop vite, car "deux ans pour faire le tour de la situation d'une personne en difficulté, c'est court". Morgane S. semble s'être peu à peu marginalisée puisque la Caisse d'allocations familiales l'avait radiée. Ebranlée par ce suicide, Christelle Nicolas, assistante sociale du CCAS d'Istres avait été chargée d'une enquête sociale dans le cadre de l'assignation devant la justice. Elle avait reçu la jeune femme en août 2007 pour évoquer un plan d'apurement des impayés, éventuellement une procédure de redressement personnel. Un premier entretien qui s'était "bien passé" mais auquel Morgane S. n'avait pas donné suite alors que des documents lui avaient été réclamés. Les relances, les tentatives de contact – y compris par l'intermédiaire de ses enfants - étaient demeurées sans suite. "Ce dont je suis sûre, a déclaré Christelle Nicolas, c'est que j'ai fait tout ce que je devais faire, et même plus. Mais aucune des perches tendues n'a été saisie". Les enfants présents au moment du drame ont été confiés à leur père.